Communiqué de presse du 20 novembre 2017

Prise de position relative au projet de loi n°7132 ayant pour objet l’organisation de l’Université du Luxembourg

Pour une réforme raisonnée de l’université conduisant à plus de transparence et de démocratie dans son fonctionnement interne

L’Association des Professeurs de l’Université du Luxembourg (APUL) prend note de la volonté du gouvernement d’adapter le cadre législatif relatif à l’organisation de l’Université du Luxembourg aux nécessités liées au développement qu’a connu cette institution depuis sa création en 2003. En moins de 15 ans, l’université a su trouver sa place au sein de la société luxembourgeoise, se positionner comme un établissement reconnu à l’échelle internationale qui s’est hissé avec succès au rang des classements mondiaux. Ce développement remarquable appelait indéniablement une réflexion sur le mode de fonctionnement de l’université. Toutefois, en faisant le choix de s’éloigner d’un mode de fonctionnement démocratique des institutions académiques, la loi n’est pas à la hauteur des enjeux du développement futur de l’université. Plutôt que d’engager l’université dans la voie de l’autonomie que le gouvernement voudrait qu’elle emprunte, la loi rigidifie son statut. En outre, loin de tirer les leçons de la crise traversée par l’université et liée aux pouvoirs attribués au recteur et à son équipe, le projet de loi maintient une approche du modèle de gouvernance conçue avant l’avènement de la crise. Cette approche, qui réunit les pouvoirs décisionnels entre certaines mains, ne permet pas au sein de l’université l’exercice d’un pouvoir harmonieux placé sous le sceau de la transparence et de la démocratie.
L’APUL estime au contraire que le texte pourrait être porteur des ferments de crises ultérieures liées à l’existence d’un pouvoir décisionnel trop concentré et au manque d’attractivité de l’université tant du point de vue du corps académique que des étudiants en :

  • Organisant une concentration des pouvoirs dans les mains du recteur et du conseil de gouvernance majoritairement composé d’universitaires internationaux sans qu’une ouverture vers l’université elle-même ne soit envisagée, démontrant ainsi une certaine défiance vis-à-vis de cette dernière et de son corps professoral ;
  • Modifiant le rôle du conseil universitaire transformé en une simple chambre d’enregistrement (faible nombre de représentants issus des facultés et centres, avis non contraignant alors que cet organe est ancré dans la réalité luxembourgeoise) ;
  • Prévoyant la nomination des doyens par le conseil de gouvernance sur proposition du recteur et la suppression des conseils facultaires, privant ainsi les facultés de toute représentation démocratique et de la possibilité de jouer pleinement leur rôle ;
  • Inscrivant dans la loi des modalités d’évaluation et d’exclusion des enseignements de bachelor, master et du diplôme d’études spécialisées en médecine qui se révèlent problématiques.

Au regard de ces constats, l’APUL, soutenant l’avis publié par le Professeur Luc Heuschling (http://orbilu.uni.lu/handle/10993/33030), demande à ce qu’un débat permettant d’engager la communauté universitaire et la société civile soit ouvert afin que le projet de loi s’inscrive dans une réflexion de fond démocratique et ancrée dans la réalité du contexte académique luxembourgeois.